Celle qui ne voulait pas voir ça

Je n’aurais jamais cru dire ça mais FB, ce fameux réseau social que je fuis en courant lorsqu’il s’agit de m’annoncer la 987e grossesse d’une amie/connaissance/très très jeune cousine m’a fait rêver il y a quelques jours… Et pour cause, voici ce que j’ai découvert…

photobisbb

 

Et oui! C’est possible! Je vous épargne la merveilleuse photo du bébé tout frais mais en cliquant par hasard sur le menu déroulant j’ai eu une révélation: FB a entendu mes prières!!

Petit réconfort dans une période de vie très compliquée. J’ai beaucoup hésité avant d’écrire, simplement parce que je ne pense pas pouvoir exprimer ce que je ressens. Et puis, finalement, je me dis que je vais juste « raconter »…

Vendredi je suis allée rendre visite à ma mère, dans son centre/clinique psychiatrique. J’arrive avec Mr Adorable, elle discute avec une dame aux cheveux violets (mon amoureux a été marqué par ce détail), elle ne s’arrête pas de parler, elle ne nous embrasse pas, elle ne s’adresse pas à nous.

Elle a l’air de très bien s’entendre avec madame-cheveux-violets.

Une fois madame-cheveux-violets partie elle veut nous montrer « son » centre. Elle nous fait faire le tour, avec une bonne parole pour chaque personne que l’on rencontre, et nous montre « sa » chambre. Ma soeur arrive alors. Lui offre un cadeau pour sa fête (qui n’en est pas un puisque ma mère lui a commandé cet achat_achat dont, paraît il je suis complice).

L’heure suivante se passera dans sa chambre où elle triera son linge (apporté par ma soeur), et où elle posera tout de même une question sur notre prochain voyage à 4 (ma soeur, mon beau-frère, Mr Adorable et moi-même) à destination de ma soeur: « tu feras comme l’année dernière? tu m’enverras des mails pour me raconter? ». Ma soeur est en larmes, elle a l’impression, avant d’être partie, que ma mère la culpabilise déjà de la quitter.

J’assiste à tout ça avec beaucoup de recul. Je ne montre jamais d’émotion négative, cris ou pleurs, devant mes parents. J’essaye de calmer ma soeur, je parle gentiment à ma mère.

Nous partons, et, le soir-même, c’est à mon père que j’ai à faire. Je l’ai invité sous le prétexte d’une soirée pizza, avec mes soeurs.

Je parle, devant lui, de ce que je suis en train de faire: mettre de l’ordre dans ses comptes, mettre de l’ordre dans sa vie. Il m’écoute à peine. Il sort de table pour voir un match avec mon amoureux. Je passe encore une heure à expliquer à mes soeurs le fonctionnement des choses basiques de tous les adultes: CPAM, mutuelle, factures…

Et puis, tout le monde repart et je vais me coucher. Je veux fermer les yeux sur cette journée, ne pas voir ce qui m’attend encore dans les mois_années_ à venir.

Comment continuer à vivre en portant mes parents sur mon dos, depuis toutes ces années? Qu’est ce que je suis capable de faire? Mettre de l’ordre dans leurs affaires, je peux essayer, mais sans l’aide de mon père c’est bien compliqué.

Etablir un plan d’action pour leur vie future, je peux le faire: les conseiller sur la façon de trouver un travail, de gérer leur argent.

Je suis pragmatique, organisée, j’aime à penser qu’on peut résoudre les problèmes un par un, comme lorsqu’on défait des noeuds dans les colliers.

J’ai pu trouver ce centre pour ma mère, lui prendre RDV et l’emmener jusqu’au psychiatre, mais aujourd’hui ?

Qu’est ce que je peux faire pour quelqu’un qui ne croit plus à rien? Pour celle qui me rend coupable de son anorexie, qui me dit que c’est parce qu’elle voulait « attirer notre attention ». Comment je peux vivre avec ça ?

Je ne peux pas leur expliquer quels sont les rapports parents-enfants « normaux », ils ont perdu le sens des choses élémentaires. Ils ne savent plus vivre. Comment réapprendre la vie à des adultes de 50 ans ?

J’ai peur de la suite, je dis à ceux qui m’entourent que je suis positive, optimiste, qu’ils vont s’en sortir, mais au fond, je ne sais rien. Mon amoureux et ma soeur n’y croient plus c’est d’autant plus difficile.

J’ai peur aussi de ce mariage en juin prochain, de ce qu’il réveille déjà en moi: l’absence de mes parents, de ma mère en particulier. Je n’arrive plus à trouver de souvenir heureux avec elle, je n’arrive plus à l’aimer parfois tant elle nous a fait souffrir. Et je culpabilise de ce que je ressens.

J’ai peur de dire à voix haute ce que je pense depuis longtemps: peut être que si ce bébé ne vient pas, c’est parce que je rejette l’idée de lui ressembler un jour. Je préfère souffrir toute ma vie de n’avoir pas su donner la vie plutôt que de faire du mal à mon enfant.

J’espère  que les vacances m’aideront à relativiser encore un peu plus…

 

 

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