Décongélation en vue

Bon, comme prévu la première stimulation n’a rien donné, arrêt du protocole.

Mais j’ai insisté pour faire une deuxième tentative avant Noël (G*nal + Ovitr*lle + Utro) et cette fois-ci BAM! un « superbe » utérus d’après ma gynéco!

Transfert prévu le lundi 19 décembre prochain…si notre petit Blasto accepte de sortir gentiment de sa banquise sans y laisser sa peau de cellules.

Je veux y croire. J’ai beaucoup insisté pour poursuivre le TEC et retenter un transfert au plus vite parce que ces 5 dernières semaines ont été les plus éprouvantes de ma vie.

J’ai perdu ma (Grande) Mère, celle qui était tout pour moi, celle qui m’a tout donné, celle qui a si bien su remplacer l’autre. Ce fût si brutal, si dur de la voir se dégrader en quelques semaines, et de prendre la décision de la laisser partir, si éprouvant de la veiller alors que son coeur s’arrêtait de battre.

Alors si ce J1 fût le pire de ma vie (le jour de son enterrement), et que la première piqûre fût la plus douloureuse (le jour de son anniversaire), puisque je n’ai pas eu le coeur à fêter mes 30 ans sans elle, j’aimerais que ce 19 décembre soit une note d’espoir parce que je sais que c’est ce qu’elle aurait voulu.  Elle m’a appris à aimer, et elle a tellement donné qu’elle s’est perdue en chemin…

J’aimerais lui rendre ce petit hommage, si vous me permettez.

 

ELOGE DE LA FATIGUE

Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine, Qu’avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites enfin que je suis fatigué.

Oui je suis fatigué, Monsieur, et je m’en flatte.
J’ai tout de fatigué, la voix, le coeur, la rate,
Je m’endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas. Ou quand je m’en soucie, je me ridiculise.

La fatigue souvent n’est qu’une vantardise. On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit ! Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ?

Je ne vous parle pas des sombres lassitudes,
Qu’on a lorsque le corps harassé d’habitude,
N’a plus pour se mouvoir que de pâles raisons… Lorsqu’on a fait de soi son unique horizon… Lorsqu’on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre… Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;

Elle fait le front lourd, l’oeil morne, le dos rond. Et vous donne l’aspect d’un vivant moribond…

Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s’est fait responsable, Savoir qu’on a des joies ou des pleurs dans ses mains, Savoir qu’on est l’outil, qu’on est le lendemain,
Savoir qu’on est le chef, savoir qu’on est la source, Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s’en user le coeur…
Cette fatigue-là, Monsieur, c’est du bonheur.

Et sûr qu’à chaque pas, à chaque assaut qu’on livre, On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu’on est le port et la route et le quai,
Où prendrait-on le droit d’être trop fatigué ?

Ceux qui font de leur vie une belle aventure, Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus Parmi tant d’autres creux il passe inaperçu.

La fatigue, Monsieur, c’est un prix toujours juste, C’est le prix d’une journée d’efforts et de luttes. C’est le prix d’un labeur, d’un mur ou d’un exploit, Non pas le prix qu’on paie, mais celui qu’on reçoit. C’est le prix d’un travail, d’une journée remplie, C’est la preuve, Monsieur, qu’on marche avec la vie.

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort, J’écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance, Et ma fatigue alors est une récompense.

Et vous me conseillez d’aller me reposer !
Mais si j’acceptais là, ce que vous me proposez,
Si j’abandonnais à votre douce intrigue…
Mais je mourrais, Monsieur, tristement… de fatigue.

Robert Lamoureux

 

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6 réflexions au sujet de « Décongélation en vue »

  1. Toutes mes condoléances Babunda. Je suis également très proche de ma grand mère, elle est mon tout : mon amie, ma mère, ma grand mère… Alors je ne peux qu’imaginer avec beaucoup de chagrin à quel point tu es malheureuse aujourd’hui…
    Je souhaite fort que votre petit espoir devienne grand… 🍀😘

    Aimé par 1 personne

      1. Oui… Parce que c’est rare. Je suis bcp plus proche de mes grands parents que de mes parents. J’appréhende leur départ à un point… Alors je comprends… Et te serre très très fort la main… ❤️

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